Groupe d'enfants de 8-9 ans en classe inclusive

Inclusion en classe ordinaire ou classe ULIS : quels inconvénients comparer ?

17 février 2026

La circulaire n° 2015-129 précise que l’affectation d’élèves en ULIS doit rester exceptionnelle, mais la hausse constante des notifications d’orientation interroge la portée de cette recommandation. L’écart se creuse entre les ambitions d’inclusion affichées par l’Éducation nationale et la réalité du terrain, où le manque de moyens fait parfois pencher la balance vers des solutions spécialisées.

Les tensions se multiplient autour du choix entre maintien en classe ordinaire et orientation vers une structure adaptée, chaque option comportant ses propres limites et risques pour le parcours de l’élève. Les conséquences de ces arbitrages dépassent le cadre scolaire.

ULIS ou classe ordinaire : quels freins à une inclusion réellement partagée ?

Sur le papier, l’école inclusive rassemble toutes les énergies : équipes pédagogiques, familles, institutions. Mais une fois la porte de la classe franchie, la scolarisation des élèves en situation de handicap se heurte à des difficultés persistantes. En classe ordinaire, la diversité des besoins bouscule les habitudes. Les enseignants se retrouvent souvent seuls face à la nécessité d’adapter leur pédagogie, parfois sans préparation suffisante ni ressources concrètes. L’accompagnement par un AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap) devient alors un pilier, sauf que la stabilité de ces postes, leur nombre limité ou leur absence totale, fragilise trop souvent l’organisation mise en place.

Les dispositifs ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) promettent une adaptation fine, pensée pour répondre à des profils variés. Pourtant, le risque de voir les élèves mis à l’écart, de les sentir isolés ou de constater leur difficulté à retrouver la dynamique du groupe-classe dans certaines matières, reste une réalité. L’accessibilité pédagogique ne se limite pas à un matériel adapté ou à des supports différenciés ; il s’agit aussi de proposer un rythme personnalisé, de garantir que chaque élève puisse suivre à son niveau. La politique affichée d’inclusion vise la participation de tous, mais la qualité du parcours scolaire dépend encore trop de la répartition locale des moyens.

Parmi les principaux obstacles auxquels se heurtent les équipes et les familles, on peut citer :

  • Manque de formation des personnels
  • Insuffisance du nombre d’AESH
  • Risques de stigmatisation en ULIS
  • Difficultés d’adaptation des enseignements

Lorsque la commission d’enquête de l’Assemblée nationale s’est penchée sur la question, le constat est sans détour : les adaptations tardent, les familles expriment un vrai sentiment d’isolement. Les réponses institutionnelles restent souvent en décalage avec les attentes, alors que chaque élève demande une attention continue pour que son parcours ne se transforme pas en parcours du combattant.

Enfants de 10-12 ans en travail en groupe en ULIS

Entre espoirs et limites du dispositif ULIS : pistes de réflexion et ressources pour les familles

Le dispositif ULIS porte la promesse d’un tremplin vers l’inclusion sociale. Parents et enfants attendent beaucoup de cette structure qui s’appuie sur un projet personnalisé de scolarisation (PPS), censé tracer une trajectoire adaptée à chacun. Pourtant, la coordination entre les équipes éducatives, les services médico-sociaux et les familles se heurte à de multiples lenteurs. L’espoir d’un accompagnement réellement individualisé se confronte à la réactivité parfois inégale des commissions des droits et de l’autonomie, ainsi qu’à la capacité des établissements à articuler soins et apprentissages.

Maintenir le lien avec la classe ordinaire reste un défi majeur. La collaboration entre les familles et l’école joue un rôle déterminant pour ajuster le parcours, dissiper les malentendus et éviter les ruptures brutales. La question de la formation des enseignants, confrontés à des profils d’élèves très divers, revient sans cesse sur la table. Sans accompagnement ciblé et sans outils adaptés, l’accessibilité reste incomplète.

Plusieurs relais et dispositifs existent pour soutenir les familles dans leurs démarches et leur quotidien :

  • Dispositifs d’appui en éducation soins à domicile
  • Plateformes d’information sur les droits (MDPH, associations spécialisées)
  • Groupes de soutien parental et réseaux associatifs

Le nombre de relais associatifs, médico-sociaux et institutionnels se multiplie, mais naviguer dans ce paysage reste complexe pour les familles. L’Assemblée nationale rappelle d’ailleurs qu’une meilleure coordination entre tous les acteurs permettrait d’assurer une scolarisation qui respecte vraiment les besoins de chaque élève.

À la croisée de ces choix, chaque trajectoire scolaire dessine sa propre histoire, entre espoirs, obstacles et trouvailles collectives. L’inclusion, loin d’être un slogan, se joue au quotidien, dans l’ajustement patient et la volonté de ne laisser personne sur le bord du chemin.

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