Maman attentive avec son bébé de 10 mois dans un salon lumineux

Langage du bébé : à partir de quel âge s’inquiéter ?

31 janvier 2026

Avant un an, certains enfants surprennent déjà par leurs premiers mots, tandis que d’autres demeurent muets jusqu’à 18 mois sans générer d’inquiétude réelle. Les repères théoriques fixent des âges précis, mais chaque parcours bouscule la règle : impossible de coller à une grille universelle.Comprendre et parler ne progressent pas toujours au même rythme, et ce décalage n’annonce pas forcément un problème. Des éléments comme le bilinguisme, le contexte familial ou la prématurité reconfigurent le développement sans affoler les professionnels.

Le développement du langage chez les bébés : ce qui est habituel

Les grandes lignes du développement du langage se dessinent mois après mois, mais chaque enfant écrit sa propre histoire. Très tôt, les gazouillis et autres sons gutturaux s’invitent, bien plus que de simples amusements : ces vocalisations marquent le vrai point de départ de l’apprentissage du langage. Autour de 6 à 9 mois, le bébé module sa voix, s’essaye à des enchaînements comme « ba-ba » ou « pa-pa », posant la première pierre des mots à venir.

Arrivé à 12 mois, le cap « papa », « maman », « dodo » est souvent franchi. À ce stade, le discours reste éclaté, limité à quelques mots clés. Pourtant, la compréhension s’est déjà installée : l’enfant sait reconnaître des consignes simples, pointer du doigt, reconnaître ses proches. Entre 18 et 24 mois, la plupart élargissent leur vocabulaire et commencent à associer deux mots : « maman parti », « encore gâteau ». C’est le moment où l’on aperçoit les prémices des premières phrases.

Voici les repères classiques pour situer l’acquisition du langage :

  • Vers 6 mois : premiers gazouillis et jeux de sons
  • Vers 12 mois : premiers mots isolés
  • De 18 à 24 mois : association de deux mots, enrichissement du vocabulaire
  • À partir de 2 ans : phrases de trois mots ou plus

Impossible de standardiser : certains enfants enchaînent leurs premières phrases avant 2 ans, d’autres attendent un peu plus. L’apprentissage du langage s’appuie aussi sur le climat familial, la fréquence des échanges et la richesse des stimulations langagières offertes par l’entourage.

Pourquoi chaque enfant avance à son rythme ?

L’apprentissage du langage ne suit aucune trajectoire rectiligne. Certains enfants balbutient des mots avant de tenir debout, d’autres préfèrent observer longtemps avant de se lancer. Ce rythme unique s’explique par un ensemble de facteurs entremêlés. Les stimulations langagières sont déterminantes : plus un enfant baigne dans les échanges verbaux, à la maison ou à la crèche, plus son vocabulaire s’enrichit vite. Les jeux, les discussions avec d’autres enfants, la découverte de livres ouvrent aussi la porte à de nouveaux mots.

Le développement moteur compte également. Un enfant qui concentre ses efforts sur la marche peut délaisser temporairement le langage. L’environnement familial a son mot à dire : vivre dans un foyer multilingue, grandir au sein d’une fratrie animée, ou communiquer surtout par gestes, tout cela influe sur la manière dont le langage s’installe. Chacun modèle à sa façon l’acquisition du langage de son enfant, sans recette unique.

Le tempérament joue aussi : certains enfants, discrets, préfèrent écouter longtemps avant de parler, tandis que d’autres se risquent à l’expérimentation, sans craindre de se tromper. Cette diversité montre toute la richesse de l’apprentissage et rappelle qu’aucun enfant n’avance selon un calendrier préétabli.

Retard de langage : quels signes doivent alerter les parents ?

Certains signaux méritent d’être repérés de près. Par exemple, si les gazouillis et sons variés manquent à six mois, ou si un bébé ne réagit pas à la voix, aux bruits quotidiens ou à son prénom avant son premier anniversaire, il peut être utile d’en parler à un professionnel. La communication non verbale fournit aussi des indices précieux : un enfant qui ne pointe pas, n’imite pas les gestes, ou évite le regard, pourrait présenter un retard de langage ou un trouble du neurodéveloppement.

Passé 18 mois, l’absence de mots simples comme « papa », « maman », « dodo » n’est pas anodine. À deux ans, il est attendu qu’un enfant combine au moins deux mots, même si la syntaxe est hésitante. Une stagnation du vocabulaire, l’impossibilité de former des phrases ou de suivre des consignes simples peuvent refléter une difficulté.

Voici les principaux signaux à surveiller :

  • Absence de babillage ou de syllabes répétées ;
  • Compréhension du langage très limitée ;
  • Désintérêt pour les échanges, qu’ils soient verbaux ou gestuels ;
  • Perte de compétences langagières déjà installées.

Un trouble du langage s’accompagne parfois d’autres signes : difficultés à interagir, comportement de jeu inadapté, ou troubles de l’audition (absence de réaction aux bruits, antécédents familiaux de surdité). Certains retards sont dus à un problème d’audition, d’autres relèvent d’un trouble du spectre autistique ou d’un trouble spécifique du langage. Repérer ces signaux permet d’agir rapidement.

Pediatre observant une petite fille lors d

Quand et comment demander l’avis d’un professionnel ?

Dès que le doute s’installe, il est judicieux d’aborder les progrès langagiers de votre enfant lors d’une visite chez le pédiatre ou le médecin généraliste. Ces professionnels évaluent les étapes du développement à chaque contrôle. Parlez-leur de toute situation atypique : retard de langage, absence de mots à deux ans, difficulté à comprendre des consignes de base.

Ne laissez pas traîner une suspicion de « retard » en espérant un changement spontané. Un avis médical rapide permet de vérifier l’audition, de détecter d’éventuels troubles du langage ou neurodéveloppementaux. Si nécessaire, le médecin orientera vers un orthophoniste, qui procédera à une analyse fine de la communication, de la compréhension et des compétences d’expression.

Les situations suivantes justifient de solliciter un spécialiste :

  • Un bébé de 18 mois qui ne dit aucun mot ;
  • Un enfant de 2 ans incapable d’associer deux mots ;
  • Un enfant qui perd soudain l’usage du langage ;
  • Difficultés à comprendre ou à suivre des consignes simples.

Dans ces configurations, consultez sans attendre. Un dépistage anticipé ouvre la voie à un accompagnement sur mesure, qu’il s’agisse de séances d’orthophonie ou d’une prise en charge plus large. Les parents, par leur observation de chaque jour, jouent un rôle irremplaçable pour repérer le moindre signal d’alerte.

Pour chaque enfant, le langage avance à son propre rythme, mais parfois, un simple regard attentif fait toute la différence. La vigilance des parents et l’écoute des professionnels dessinent la meilleure rampe de lancement pour une parole qui s’épanouit.

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